PETITION
Fanny Truchelut doit être relaxée
vendredi 15 août 2008
Primo vous invite à signer cette pétition initiée par Riposte
Laïque (lien ci-dessous)
Le
6 juillet 2006, Fanny Truchelut, propriétaire d’un gîte de
montagne dans les Vosges, accueillait cinq personnes qui avaient réservé
leur séjour par Internet. Deux femmes de ce groupe étaient ostensiblement
voilées. Surprise par un voile aussi patent, Fanny leur a demandé
de bien vouloir le retirer dans les parties communes de son gîte, en hôtesse
soucieuse de préserver l’harmonie d’un lieu paisible et les
convictions de ses autres locataires qu’une tenue symbolisant la soumission
des femmes pouvait troubler.
Son interlocutrice, Horia Demiati, militante
active du port du voile - notamment sur les lieux de travail - se montrera intransigeante,
repoussant le compromis proposé par la propriétaire. Devant cette
attitude, et à la demande de la cliente, Fanny Truchelut lui a rendu
ses arrhes, pensant ainsi clore le différend par respect mutuel. Mais
Horia Demiati est allée aussitôt porter plainte, soutenue en la
circonstance par le Mrap local.
Le procès de Fanny Truchelut a
eu lieu quinze mois plus tard, le 2 octobre 2007, à Epinal. L’accusée,
qui s’est retrouvée bien seule, a été salie par les
avocats du Mrap, de la LDH, de la Licra,(quelques
membres de la Licra régionale, NDLR Primo) et même
par la presse locale, chacun de ces organismes s’empressant de voir en
elle une femme « raciste » et, qui plus est, « peu intelligente
» ! Conséquence : Fanny Truchelut a été condamnée
pour « discrimination religieuse » à quatre mois de prison
avec sursis et à 8.490 euros d’amende et de dommages et intérêts.
L’accusation de racisme n’a pas été retenue.
On ne peut qu’être abasourdi
par la sévérité d’une telle condamnation et par son
incohérence avec d’autres sentences : défendre l’égalité
républicaine en récusant la « négation de l’égalité
des sexes » coûterait donc plus cher que mettre en danger la vie
d’autrui ?
Rappelons qu’en 1998, à l’hôpital
de Bourg-en-Bresse, un mari musulman, qui s’était opposé
violemment à ce qu’un obstétricien assistât son épouse
lors d’une délivrance difficile, s’est vu condamné
à 1000 euros d’amende (il avait, quant à lui, l’outrecuidance
de demander 100 000 euros de dommages et intérêts en raison du
handicap dont son propre enfant a été victime suite aux interminables
minutes qu’ont exigées les négociations destinées
à permettre l’intervention du médecin accoucheur).
N’oublions pas que l’homme
qui a menacé de mort Robert Redeker n’a été condamné
qu’à 750 euros d’amende et à 6 mois de prison avec
sursis, alors que depuis cette fatwa, Robert Redeker connaît l’enfer
d’une existence cloîtrée.
Comment ne pas être révolté
face à la situation alarmante de Fanny Truchelut, qui, peu après
sa condamnation, a dû vendre son gîte, changer de domicile, pour
se retrouver finalement, à cinquante-quatre ans, dans l’obligation
de se reconstruire seule, avec, à charge, ses deux plus jeunes enfants
!
Son procès en appel aura lieu dans
les prochaines semaines, à Nancy. Nous lui apportons d’ores et
déjà notre indéfectible soutien doublé d’une
solidarité sans faille. Nous demandons qu’elle soit relaxée.
Une peine de prison, même avec sursis,
serait déplacée pour cette femme qui a toujours veillé
à éduquer ses quatre enfants dans le respect des lois.
En outre, une amende ou des dommages et
intérêts, dont la plus grande partie récompenserait le Mrap,
la LDH et Horia Demiati pour leur militantisme discriminatoire, serait non seulement
inique mais grèverait - peut-être pour toujours - la possibilité
qu’a Fanny Truchelut de s’en sortir.
Par ailleurs, ce procès est un
test grandeur nature pour la société tout entière. Des
directrices d’écoles, des enseignantes et des enseignants ont déjà
été déférés devant les tribunaux pour avoir
contesté la présence d’accompagnatrices voilées lors
de sorties scolaires.
Or, le 27 juin 2008, le Conseil d’Etat
a refusé d’accorder la nationalité française à
une femme d’origine marocaine qui portait la burqa. Fadela Amara, secrétaire
d’Etat à la Ville, a jugé cette décision «
excellente, légitime, particulièrement crédible parce
qu’elle se fonde sur les valeurs de notre République ».
Mieux : lorsque Le Parisien du 16 juillet
dernier a demandé à Fadela Amara si elle faisait « la différence
entre le voile et la burqa », la secrétaire d’Etat à
la Ville a répondu ceci : « Tout est question de centimètres
de tissu. Mais pour moi, c’est la même chose », rendant ipso
facto « excellente, légitime, et particulièrement crédible
» la décision par laquelle Fanny Truchelut s’est opposée,
le 6 juillet 2006, « au port du voile, qui n’est pas un signe
religieux mais, comme la burqa, un signe d’oppression des femmes
» (Fadela Amara, Le Parisien, 16- 07-2008).
Toute condamnation, même symbolique,
de Fanny Truchelut serait donc interprétée par les fondamentalistes
musulmans comme un encouragement à multiplier les poursuites judiciaires
à l’encontre de ceux qui entendent défendre « les
valeurs de notre République », et contraire à l’Arrêt
du Conseil d’Etat du 27 juin 2008.
Les valeurs de la République française
« ne sont pas négociables » ! Voilà pourquoi
nous demandons au législateur de prendre les dispositions nécessaires
pour que des personnes lucides et courageuses comme Fanny Truchelut ne soient
plus traînées en justice par ceux-là mêmes qui rêvent
de voir les lois religieuses se substituer aux lois de la République.
Premiers signataires
: Anne Zelensky, présidente de la Ligue du Droit des
Femmes, Michèle Vianès, présidente de
Regards de Femmes, Annie Sugier, présidente de la Ligue
du Droit International des Femmes, Pierre Cassen, animateur
de Riposte Laïque, président de l’Ufal des Yvelines, Robert
Redeker, philosophe, Pierre-André Taguieff,
philosophe et historien des idées, directeur de recherche au CNRS, Monia
Haddaoui, association Ghofrane, Jean-François Chalot,
président de l’Ufal 77, Martine Ruppé,
présidente du Comité Ornais de Défense de la Laïcité
(COD), Denis Pelletier, président sortant de l’Association
Des Libres Penseurs de France, Inspecteur de l’Education Nationale honoraire,
Evelyne Rochedereux, militante féministe, présidente
associative, Simon Blumental, président d’Algérie
Ensemble, Françoise Flamant, auteure, Léon
Ouaknine, ex directeur général de l’Institut Universitaire
de Gérontologie Sociale du Québec, Johannes Robyn,
président de l’Union des Athées, Pascal Hilout,
fondateur du nouvel islam, Jean-Claude Santana, président
de l’Ufal du Rhône, Michèle Bruhat, militante
féministe et laïque, Dominique Gay, médecin
généraliste, Hubert Sage, président de
l’UFAL-38, président du cercle "Laicité et République
Sociale", Pierre Lefebvre, président de Primo,
Pierre Régnier, ancien secrétaire national CFDT
de la radio-télé publique, Suzy Candido, présidente
de l’Ufal de Toulouse, Roland Monnet, Président
du "Cercle Edgar Quinet Aristide Briand, Chantal Crabère,
retraitée de l’Education nationale, Kebir Jbil,
président de l’Ufal de Strasbourg, Robert Albarèdes,
maire honoraire de Gréasque, Arielle Campin, étudiante
en psychologie, vivant en Australie, Pierre Baracca, président
de l’Ufal de Lille, Hervé Boyer, conseiller municipal
à Golbey (88), Christine Tasin, militante du MRC17,
Roman Bernard, rédacteur du blog Criticus, Evelyne
Szafarz, professeur assistant, française, vivant aux Etats-Unis,
Josiane Sberro, chef d’établissement retraite,
vice-présidente Primo, Adeline Fauconnier, conseillère
principale d’Education, Louis Chagnon, professeur d’histoire
chargé de recherche, Simon Archipenko, président
de Voltaire République, Ricardo Zugaro, pianiste concertiste,
Laurence Gresse, enseignante à Echirolles (38), Jean-Loup
Bidot, professeur de philosophie, Brigitte Bré Bayle,
enseignante à Marseille, Liliane Messika, porte-parole
de Primo, George Brousse, militant laïque (Libre Pensée),
Mireille Popelin, enseignante retraitée, secrétaire
de l’Ufal de Lyon, Guy Philippe, agrégé
de mathématiques à la retraite, Maurice Vidal,
professeur de philosophie, Pierre Crolais, militant laïque,
Lemballe (22), Isabelle Voltaire, administratrice nationale
de l’Ufal, secrétaire de l’Ufal 77, Radu Stoenescu,
philosophe, Aube Passeron, citoyenne laïque, Denis
Carnet, LDH Le Pecq, Patricia Degallaix-Maury, sage-femme,
Rosa Valentini, enseignante, trésorière de l’UFAL
des Yvelines, Alain Bonet, enseignant, Emmanuel Itié,
ingénieur en informatique, Charlotte Bré, enseignante,
Guylain Chevrier, historien, administrateur national de l’Ufal,
Sorel Zissu, retraité, Régis Rousseau,
photographe, Yves Pialot, retraité Education nationale
(professeur de lettres), Guy Beaupin, chef d’entreprise
retraité, Jean-Eric Lagesse, libraire, Jacky
Eonin, retraité, Leon Tourtzevitch, enseignant
retraité, Benoît Drouot, professeur d’histoire
géographie en lycée, Annie Lecompte-Billard,
institutrice retraitée, Vincent Maunoury, traducteur,
Annie Ségure Daudé, directrice de crèche,
retraitée, Michel Tonarelli, informaticien, Pierre
Bellenger, ancien conducteur de travaux publics, Jacques Le
Roux, citoyen laïque, Françoise Magnard,
retraitée de l’enseignement public, Alain Escriou,
installateur, Annick Mouillé, retraitée de l’EN,
Zoé Bosquet, retraitée.
Pour signer la pétition,
aller sur le site : http://www.ripostelaique.com/